Seule à mon mariage

Au Méliès de Villeneuve d’Ascq le 30 Mai à 20h45, le 1er juin à 16h15, le dimanche 2 Juin à 18h15 et le mardi 4 Juin à 18h.

https://www.avoir-alire.com/seule-a-mon-mariage-la-critique-du-film

Résumé : Pamela, jeune Rom insolente, spontanée et drôle, s’embarque vers l’inconnu, rompant avec les traditions qui l’étouffent. Elle arrive en Belgique avec trois mots de français et l’espoir d’un mariage pour changer son destin et celui de sa fille.

L’ avis d’A VOIR/ A LIRE : Choisissant d’en faire une version plus sombre made in Roumanie, la réalisatrice Marta Bergman, spécialiste des documentaires, reprend pour sa première fiction le thème de la jeune femme d’Europe de l’Est éblouie par les mirages de la prospérité de l’Ouest qui, déjà en 2006, avait fait les beaux jours du cinéma français avec Je vous trouve très beau d’Isabelle Mergault.

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Attaques de Roms

« Forcément, cette violence laisse une empreinte »

Travailleuse sociale et Rom, Elena revient sur les attaques qui ont frappé sa communauté il y a deux mois, alors que six personnes doivent être jugées ce vendredi 31 mai.

  • Pascal Charrier, 
  • le 31/05/2019 à 12:15 
  • LA CROIX
Attaques de Roms : « Forcément, cette violence laisse une empreinte »
Des membres de la communauté Rom dans le camp attaqué au cours de la nuit du 25 mars dernier, à Bobigny, près de Paris.KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Selon le procureur, ils voulaient « casser du Rom ». Six hommes âgés de 23 à 27 ans, originaires de Chelles (Seine-et-Marne), doivent être jugés vendredi 31 mai en correctionnelle à Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ». Le 25 mars 2019, ils avaient monté une expédition punitive visant un campement de Roms à Bobigny, alors qu’une rumeur sur des enlèvements d’enfants avait engendré une série d’agressions contre la même communauté en région parisienne.

À lire aussi Vague de violences contre des Roms après des rumeurs sur Internet

Elena a été touchée par cette vague de violences, à double titre. Cette jeune femme de 28 ans, qui vit en Seine-Saint-Denis, est Rom et travailleuse sociale au sein de l’association Acina (Accueil, coopération, insertion pour les nouveaux arrivants). Elle avoue que c’est« dur » pour elle de parler de « tout ça ». « À un moment, j’en tremblais, reprend-elle. Cela me fait revivre plein de choses dont beaucoup de personnes ne veulent plus parler. C’était terrible. »

« C’était vraiment un cauchemar »

Le 26 mars 2019, juste après la violente attaque d’un autre bidonville, à Bondy, où elle accompagne de longue date plusieurs personnes dans leurs parcours d’insertion, la Roumaine parfaitement francophone a été confrontée à l’angoisse qui a saisi les habitants de ce camp. « Je me sentais démunie face à l’ampleur de cette panique,témoigne-t-elle. Je le voyais sur les visages. Il y avait un épuisement général. C’était vraiment un cauchemar. »

Dans les jours qui ont suivi, il a fallu à la fois rassurer et aider ces femmes, ces enfants et ces hommes qui, subitement, n’osaient plus sortir ou n’allaient plus à l’école. « Les conséquences ont été énormes,insiste-t-elle. Même des gens qui ne vivaient pas dans des bidonvilles et qui habitaient dans des résidences sociales ne se sentaient plus en sécurité. La peur s’était généralisée. »

Certains ont même quitté la France pour rentrer en Roumanie. Elle-même a fini par se sentir en danger : « Je me disais que je risquais d’être aussi repérée en tant que Rom et attaquée à tout moment. » Ses craintes sont montées d’un cran quelques jours plus tard, quand un groupe d’hommes a commencé à l’insulter à proximité de son domicile. Pour elle, pas de doute, c’est parce qu’elle est Roumaine qu’elle a été prise à partie. « Il y en a un qui m’a demandé si j’étais Roumaine après m’avoir demandé une cigarette, explique-t-elle. J’avais dû mentir en disant que j’étais Marocaine. »

« Mais il faut quoi pour être entendu ? »

Elena a tenu à déposer une main courante au commissariat. « Les policiers n’ont pas voulu prendre une plainte juste pour des insultes, parce qu’il n’y avait pas eu d’agression physique, assure-t-elle. Mais il faut quoi pour être entendu ? Qu’on soit frappé, qu’on meure ? Moi, je me suis sentie menacée. J’ai donc insisté. Finalement, j’ai pu déposer une main courante pour harcèlement, intimidation et propos racistes. Mais c’était humiliant. »

Un arrêt de travail d’une semaine et la consultation d’un psychologue lui ont été nécessaires pour se remettre de ces incidents : « C’était très dur de ressortir seule. J’étais comme les gens du bidonville de Bondy, enfermée chez moi. Après, quand j’ai dû reprendre les transports en commun et marcher dans la rue, je me faisais des films dans ma tête. J’étais totalement stressée. Aujourd’hui, cela va mieux, mais je flippe encore quand je vois un groupe dehors. »

Depuis, Elena évite de reparler des agressions d’il y a deux mois avec les personnes qu’elle accompagne. « Je ne veux pas les ramener en arrière, explique-t-elle. Les gens étaient terrorisés, ils pensaient qu’ils allaient mourir ou qu’ils n’allaient jamais reprendre leur vie d’avant. Aujourd’hui, il y a toujours de l’angoisse. Forcément, cette violence laisse une empreinte, cela ne peut pas disparaître. »

« Il y a aussi une justice pour nous »

La jeune femme repense aussi à cette scène, vécue dans un bus : « Un monsieur est monté en criant « Protégez vos enfants, il y a des Roms qui veulent les enlever ! ». Il incitait à la haine, gratuitement. J’étais à l’intérieur, je me sentais visée. Que fait l’État pour lutter contre cette haine gratuite ? Pour aider les Roms à s’insérer, il faut aussi se battre contre l’anti-tsiganisme. Comment peut-on s’intégrer dans une société si les conditions de base pour notre sécurité et pour que l’on soit respecté ne sont pas assurées ? »

Elena est tout de même « rassurée » que certains des assaillants finissent devant un tribunal. « Il y a une justice pour nous, même si on est des Roms, dit-elle. Mais je sais que cela crée aussi de l’angoisse chez certains. Ils ont peur qu’une condamnation empire les choses. » Mi-avril, le tribunal correctionnel de Bobigny a déjà condamné trois prévenus à des peines allant jusqu’à dix mois de prison ferme pour une expédition punitive menée dans un squat.

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Agressions de Roms : « On ne veut pas que des choses pires arrivent »

Six hommes sont jugés vendredi 31 mai à Bobigny pour avoir voulu participer à l’une des multiples attaques ayant… lire la suite

Les Roms invitent le préfet à venir les voir sur leur terrain dans le Vieux-Lille

Un groupe de Roms a eu une démarche originale à Lille (Nord) : ils ont écrit au préfet délégué pour l’égalité des chances dans le Nord pour l’inviter à les rencontrer.

Publié le 24 Avr 19 à 12:52 LILLE ACTU

Le rom de Pont Royal à Lille compte 100 personnes dont 44 enfants.
Le camp rom de Pont Royal à Lille compte 100 personnes dont 44 enfants. (©AS Hourdeaux/Croix du Nord)

Un groupe de Roms a eu une démarche originale à Lille (Nord) : ils ont écrit au préfet délégué pour l’égalité des chances dans le Nord, Daniel Barnier, pour l’inviter à venir les rencontrer sur leur camp, situé sur le Pont-Royal, dans le Vieux-Lille.

Le camp Pasteur, entre Lille et La Madeleine (Nord), a été démantelé en août 2018. Les familles roms se sont dispersées et ont créé plusieurs camps à Lille. Celui du Pont Royal, au bout du Vieux Lille vers Lambersart, compte une centaine de personnes, dont 44 enfants, dans 27 caravanes.

Le camp a été créé en août 2018, il compte 27 caravanes.
Le camp a été créé en août 2018, il compte 27 caravanes. (©AS Hourdeaux/Croix du Nord)

Le camp le plus important

C’est aujourd’hui le camp le plus important en nombre d’habitants dans la métropole lilloise, avec celui de 4 cantons à Villeneuve d’Ascq.

Situé au coeur d’un noeud de routes menant à l’autoroute, il s’agit d’une sorte de petit bois, appartenant une partie à la ville de Lille et une partie à la MEL.

Pour y accéder, il faut traverser deux voies où la circulation est dense, sans passage piéton. A l’entrée, une énorme benne où s’entassent les ordures.

Nous payons nous mêmes le ramassage, toutes les 2 ou 3 semaines, ce qui correspond à 18 euros par famille à chaque fois », explique Emanuel, en France depuis 2011.

On joue aussi dans un camp rom.
On joue aussi dans un camp rom. (©AS Hourdeaux/Croix du Nord)

5 enfants scolarisés sur 44

Sur les 44 enfants, seuls 5 sont scolarisés aujourd’hui. La faute à la situation géographique de ce camp, difficile d’accès par les associations.

Lire aussi : Le 7 octobre, journée « 10 ans d’actions avec les Roms » à Lille

Car même si leurs conditions de vie sont indignes, les Roms craignent le démantèlement suite à une rumeur, non confirmée par la préfecture. C’est pour cela qu’ils ont écrit à Daniel Barnier, préfet délégué pour l’égalité des chances dans le Nord.

Nous sollicitons donc une rencontre très urgente avec vous pour pouvoir nous présenter directement et envisager avec vous les solutions pour notre avenir à Lille. Nous serions très heureux de pouvoir pour cela vous accueillir sur notre terrain », écrivent-ils (voir encadré ci-dessous).

Les ordures sont ramassées régulièrement, aux frais des roms.
Les ordures sont ramassées régulièrement, aux frais des Roms. (©AS Hourdeaux/Croix du Nord)

La lettre
Voici la lettre adressée au préfet délégué pour l’égalité des chances dans le Nord, Daniel Barnier le 13 avril 2019 :
« Nous habitons sur le terrain du Pont Royal à Lille depuis notre expulsion du terrain du carrefour Pasteur en août dernier.
A cause de la difficulté d’accès à notre terrain, jusqu’au mois de décembre, nous n’avons pas été accompagnés par les travailleurs sociaux de la Sauvegarde, ce qui a entraîné un retard dans la scolarisation de nos enfants. Depuis quelques semaines, 5 d’entre eux ont enfin pu faire leur rentrée : l’un au collège Lavoisier à Lambersart, deux à l’école Lamartine, et les deux derniers à l’école J.J. Rousseau. Mais beaucoup d’autres sont toujours dans l’attente d’une place dans un établissement scolaire.
Nos conditions de vie sont difficiles : l’accès au terrain est compliqué, notamment en raison de la vitesse excessive des automobilistes qui ne respectent pas la limitation de vitesse à 30 km/h. Il n’y a pas d’eau courante, pas d’assainissement, pas d’électricité, et nous payons nous-mêmes le ramassage de nos ordures ménagères en louant une benne relevée par une entreprises toutes les 2 ou 3 semaines. Le terrain est boueux dès qu’il pleut.
La plupart des adultes sont inscrits à Pole Emploi, plusieurs d’entre nous travaillent régulièrement. D’autres font la manche, de façon non agressive, dans le centre de Lille et nous bénéficions aussi de la solidarité d’habitants de Lille et des alentours.
Une dizaine d’entre nous sont aussi inscrits récemment sur les listes électorales pour les élections européennes, ce qui témoigne de notre volonté de nous installer durablement à Lille.
Nous souhaitons évidemment pouvoir quitter ce terrain pour des meilleures conditions de vie pour nos enfants et pour nous accéder à un logement. Mais nous sommes inquiets et choqués de ce que nous avons lu dans la Voix du Nord aujourd’hui, qui évoque le démantèlement prochain de notre lieu de vie, sans que personne n’ait pris la peine de prendre contact directement avec nous.
Nous sollicitons donc une rencontre très urgente avec vous pour pouvoir nous présenter directement et envisager avec vous les solutions pour notre avenir à Lille. Nous serions très heureux de pouvoir pour cela vous accueillir sur notre terrain. »

Le camp est situé près d'un accès à l'autoroute.
Le camp est situé près d’un accès à l’autoroute. (©AS Hourdeaux/Croix du Nord)

Lille : Des familles roms ont écrit à la préfecture

Fin août 2018, elles étaient expulsées du carrefour Pasteur. Mi-avril 2019, des familles roms s’inquiètent des menaces de démantèlement qui planent sur le camp de fortune du Pont Royal.

Em. C. | 18/04/2019 VOIX DU NORD

Les visages du Pont Royal. PHOTO LA VOIX
Les visages du Pont Royal

«  Monsieur le préfet, nous habitons le terrain du Pont Royal depuis notre expulsion du terrain du carrefour Pasteur en août dernier…  » Les familles roms qui ont installé leurs caravanes et leurs baraquements de fortune à la limite de Lille et de Lambersart viennent d’écrire à Daniel Bernier, préfet délégué pour l’égalité des chances. Un courrier dans lequel elles rappellent leurs conditions de vie : difficulté d’accès au terrain, laquelle complique l’accompagnement des travailleurs sociaux, absence d’eau et d’électricité…

https://www.lavoixdunord.fr/570394/article/2019-04-18/des-familles-roms-ont-ecrit-en-prefecture

Action Transports en commun lillois / Défenseur des droits

Le 8 mai 2019

MP-SP 18-005903-ML

Monsieur le Défenseur des Droits,

Suite à votre courrier du 24 avril classant sans suite la demande de l’AhWP d’intervention de votre part pour faire évoluer le tarif des transports en commun lillois pour plus d’égalité, je note que :

1) le Défenseur des droits s’accommode d’une discrimination dans l’accès au tarif solidaire des transports en commun pour les personnes les plus démunies (Pour un abonnement mensuel de jeune de moins de 25 ans d’une famille sans revenu : 3,60 euros pour les enfants de familles ayant des droits CAF ; 14,50 euros pour les enfants de famille n’ayant pas de droits CAF à condition de bénéficier de l’AME-CMU ; 29 euros pour les enfants de famille n’ayant pas de droits CAF et ne bénéficiant pas de l’AME-CMU)

2) le Défenseur des droits s’accommode d’un régime dérogatoire à cette discrimination limité à un an non renouvelable par personne prise en charge par une association ayant signé une convention de partenariat avec ILEVIA- Les transports de la MEL

3) le Défenseur des droits favorise le non-recours aux droits en s’accommodant de l’absence d’information donnée dans les agences ILEVIA (prospectus, affichage) et sur le site internet d’ILEVIA concernant la possibilité pour les associations d’établir des conventions de partenariat avec ILEVIA et pour les personnes les plus démunies de bénéficier de ces conventions ne serait-ce qu’une année non renouvelable

4) le Défenseur des droits n’a probablement pas cherché à vérifier dans les faits et les actes les dires de la MEL notamment en matière d’information donnée aux associations et publics en difficulté (Le Collectif lillois d’aide aux personnes roms et l’AhWP, pourtant attentifs à ce genre d’informations et abonnés à la Voix du nord, n’ont en effet pas connu les communiqués de la MEL évoqués par votre courrier du 24 avril, communiqués qui n’ont d’ailleurs laissé aucune trace sur internet)

En conclusion de quoi, je pense désormais qu’il est inutile de solliciter le Défenseur des droits pour lutter contre les discriminations dont sont victimes les personnes roms dans notre pays et pour promouvoir l’égalité de celles-ci avec les autres citoyens.

Veuillez agréer, Madame Laudijois, Monsieur Gohet, l’expression de mes sentiments distingués.

F. Béague pour l’AhWP

Ps : Copie de cette lettre adressée avec votre courrier du 24 avril aux membres du Collectif lillois d’aide aux personnes roms, au Collectif ROMEUROPE, à la Voix du Nord, aux députés lillois ayant soutenu cette action

Nouvelle expulsion à venir dans la MEL

Tourcoing Les Roms du Pont-Rompu seront-ils expulsés?

Après l’expulsion du camp de la rue Magenta, il y a une semaine, la municipalité a engagé des démarches auprès de la préfecture pour qu’il en soit de même pour les Roms du Pont-Rompu. Avec quelles conséquences ?

Florence Moreau | 28/05/2019 – VOIX DU NORD

Rue du Pont-Rompu, huit caravanes sont occupées par des familles bulgares.
Rue du Pont-Rompu, huit caravanes sont occupées par des familles bulgares.

Quatre mois  : c’est tout ce qu’aura duré l’implantation de familles roms installées dans des maisons inhabitées et en mauvais état, rue Magenta, et expulsées la semaine dernière. Une mesure que la municipalité a également demandée à la préfecture, concernant les familles Roms implantées dans le quartier du Pont-Rompu.

https://www.lavoixdunord.fr/589989/article/2019-05-28/les-roms-du-pont-rompu-seront-ils-expulses

Reprise des expulsions dans la MEL

Tourcoing Les Roms de la rue Magenta ont été expulsés

Près du boulevard Gambetta et de la station métro Carlier, des familles roms qui s’étaient installées dans des maisons murées ont été expulsées.

A. Cl | 21/05/2019 – VOIX DU NORD

Désormais le site est inaccessible.

Désormais le site est inaccessible.

En janvier, des familles roms s’étaient installées dans des maisons inhabitées et en mauvais état rue Magenta, à côté du boulevard Gambetta. Areli, propriétaire des terrains et d’une résidence voisine, avait engagé une procédure d’expulsion soutenue par la ville.

Ce lundi, les familles ont été expulsées par les forces de l’ordre. Les riverains de ce quartier avaient dénoncé des conditions d’hygiène déplorables, des incendies, et craignaient que les terrains vagues alentours ne se transforment en décharges. 

https://www.lavoixdunord.fr/586266/article/2019-05-21/les-roms-de-la-rue-magenta-ont-ete-expulses

Assemblée générale de l’AhWP

L’AG de l’AhWP a a eu lieu mardi 14 mai à la MRES de Lille durant la réunion du Collectif Roms de Lille. La plupart des 43 adhérents de l’AhWP s’étaient prononcés auparavant par correspondance pour approuver à l’unanimité les comptes et le rapport d’activité 2018 de l’AhWP (publiés sur ce site internet dans la rubrique Assemblée générale) , ses projets pour 2019 et renouveler son bureau. Jean-Marc Delchambre est devenu le secrétaire de l’AhWP.

Elections européennes : les Roms oubliés

Discriminations.

Les Roms, les oubliés des élections européennes

Publié le 25/05/2019 – 10:10 COURRIER INTERNATIONAL

La communauté rom d’Europe représente 10 millions de personnes, largement ostracisées et stigmatisées.

  REUTERS/Bernadett Szabo

Près de 10 millions de Roms vivent en Europe. Ils sont pourtant largement sous-représentés aux élections européennes et subissent les discours haineux de partis populistes, explique The Guardian.

“Pas de voix, pas d’avenir ?” s’interroge The Guardian, le 23 mai 2019. Le quotidien britannique consacre un reportage à la communauté rom d’Europe, qui compte près de 10 millions d’individus. Un récit qui débute à Pata-Rât, en banlieue de Cluj-Napoca, en Roumanie.

Pour les 1 800 personnes qui vivent ici, Pata-Rât est leur maison. Ils sont presque tous d’origine rom, vivant dans des conditions sanitaires précaires et dégradantes, dans un camp de fortune construit sur une décharge.”

Les Roms sont souvent chassés des centres-villes et relégués en périphérie. C’est le cas de la famille de Linda Zsiga. “Personne ne mérite de vivre ici, déclare-t-elle au Guardian, tout le monde devrait avoir accès aux logements sociaux.”

C’est pour lutter contre cette injustice que Linda a essayé de se présenter aux élections européennes de 2019, sans succès, n’ayant pu récolter les 200 000 signatures nécessaires pour enregistrer un parti en Roumanie. “À travers l’Union européenne, seul un tout petit nombre de Roms sont candidats, et encore moins sont ceux susceptibles d’être élus”, précise le journal de centre gauche.

Un manque de représentation politique

Pata-Rât résume la situation de la communauté rom en Europe : un accès limité aux soins et à l’éducation, et de fortes discriminations. Pourtant, leur population est équivalente à celle d’un pays européen de taille moyenne. De plus, “leur manque de représentation est particulièrement alarmant alors que les forces populistes lancent des campagnes de diabolisation à leur encontre, dans beaucoup de pays”.

The Guardian explique qu’en France, récemment, une attaque a visé la communauté rom ; en Italie, Matteo Salvini souhaite créer un fichier recensant les personnes issues de la communauté ; et en Hongrie, Viktor Orbán a appelé à combattre “les nomades criminels”.

Cercle vicieux de la ségrégation

Le journal britannique donne aussi la parole à Soraya Post, députée européenne du mouvement suédois Initiative féministe. Elle-même issue de la communauté rom, elle encourage leur plus grande représentation dans les lieux de décisions, afin d’enrayer le cercle vicieux dans lequel sont entraînés les Roms par les pouvoirs publics européens :

Lorsque les familles sont arrivées à Pata-Rât autour de la décharge, on se moquait des enfants parce qu’ils étaient sales et qu’ils sentaient mauvais, explique (Linda) Zsiga, ce qui a renforcé le cercle de la ségrégation et de la discrimination.”

À cause de ce cercle vicieux, l’image que les Roms ont d’eux-mêmes est celle de l’impossibilité d’“appartenir à cette société”, concluent The Guardian et Soraya Post.

https://www.courrierinternational.com/article/discriminations-les-roms-les-oublies-des-elections-europeennes