Pétition de Médecins du Monde

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Bonjour ,

La situation en France semble aujourd’hui sous contrôle, pourtant, nous restons très inquiets pour les personnes en situation de grande précarité.

A l’heure du déconfinement, Médecins du Monde souhaite rappeler au gouvernement, par une vidéo d’interpellation et une pétition, sa responsabilité de protéger tous les Français, dont les personnes précarisées.
 
Depuis le début de l’épidémie Covid-19, le gouvernement nous rappelle quotidiennement les gestes barrières à respecter pour protéger et se protéger du coronavirus. Or, ces gestes à priori simples peuvent être difficilement applicables pour des personnes vivant dans des habitats précaires (bidonvilles, squats, campements ou à la rue) où l’accès à l’eau est rare et la distanciation sociale impossible à mettre en œuvre.

En parodiant la vidéo des gestes barrières du Ministère des Solidarités et de la Santé, Médecins du Monde réclame au gouvernement des mesures fortes et immédiates pour permettre un accès aux soins effectif pour toutes et tous : Délivrer à tous des masques et tests gratuits Donner accès à l’eau et à l’hygiène pour tous Mettre à la disposition de tous un hébergement où se confiner Garantir à tous un accès gratuit aux soins
Pour défendre et soutenir ces mesures urgentes et pour que le gouvernement entende notre message, signez notre pétition sur www.medecinsdumonde.org/EtatResponsable

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Président de Médecins du Monde
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Compte-rendu d’utilisation des dons du Collectif lillois

La fin du confinement est annoncée pour le lundi 11 mai. Nous ferons donc le point en début de semaine prochaine pour déterminer sous quelle forme nous devons ou pas poursuivre notre action. Ces dernières semaines, nous avons continué à nous battre pour l’accès à l’eau, à distribuer aux personnes vivant sur 19 bidonvilles des denrées alimentaires et des produits d’hygiène, mais aussi des vêtements. Nous avons aussi dû répondre à beaucoup de questions sur la fin du confinement et la reprise d’activité.  

L’accès à l’eau potable

Notre action en faveur de ce droit humain élémentaire a commencé à porter ses fruits. La situation a beaucoup évolué, dans le bon sens, ces deux dernières semaines. Nous avons reçu le 28 avril une réponse du Président de la MEL, Damien Castelain à nos courriers du 17 mars et du 15 avril dans lesquels nous demandions à la MEL de fournir un accès à l’eau sur tous les bidonvilles, mesure élémentaire pour lutter contre le Covid 19. Nous nous félicitons de cette ouverture de dialogue et de la tonalité positive de cette réponse. Nous nous réjouissons surtout des avancées qui ont été enregistrées sur le terrain : la MEL est intervenue pour faciliter l’accès à l’eau de sept bidonvilles de Lille, Wattrelos, Hellemmes, Wasquehal et Villeneuve d’Ascq, les deux derniers en date étant ceux des rues Alfred de Musset et Denis Papin à Villeneuve d’Ascq.

Mais les habitants d’autres bidonvilles ne disposent pas encore d’un accès satisfaisant à l’eau. Deux habitants du terrain de la route de Sainghin à Villeneuve d’Ascq, assistés par Maître Ruef, ont assigné le Préfet et le Maire de Villeneuve d’Ascq pour avoir un accès direct à l’eau. Le Tribunal Administratif leur a donné raison dans une ordonnance rendue le 29 avril, en enjoignant aux pouvoirs publics de leur donner dans les 7 jours cet accès à l’eau, mais aussi à des sanitaires et à une collecte deux fois par semaine des ordures ménagères.

Notre Collectif continue de demander que tous les bidonvilles de la métropole lilloise bénéficient enfin d’un accès à l’eau et à des sanitaires et d’une collecte des ordures ménagères.

L’aide alimentaire 

La Sauvegarde du Nord, association mandatée par la Préfecture, a mis fin le 24 avril à sa distribution de produits alimentaires sur les terrains. Elle distribue désormais aux personnes qui y vivent des tickets-service utilisables dans un certain nombre d’enseignes. 

Grâce à vos dons nous poursuivons donc nos distributions de produits alimentaires et de produits d’hygiène : 

– Deux fois par semaine sur chacun des quatre terrains « non gérés » de Villeneuve d’Ascq, avec des produits donnés par le Secours Populaire ou achetés à l’épicerie solidaire ou en grande surface. 

– Pour les autres communes, nous assurons des tournées deux fois par semaine, avec des produits toujours achetés en grande surface, dans des magasins de déstockage et chez un boucher de la rue du Faubourg de Roubaix à Lille. Le Secours Populaire de Lomme assure aussi directement une distribution le samedi sur les bidonvilles de la Poterne. 

Nous distribuons des tickets-services (qui nous ont été donnés par la Fondation Abbé Pierre) à des familles ou personnes isolées, ou à des familles provisoirement privées de leurs droits du fait du confinement et de la fermeture de services administratifs. Enfin, chaque jeudi, 5 d’entre nous continuent à se rendre à la Banque alimentaire pour récupérer des denrées qui sont distribuées à des familles isolées.

Produits d’hygiène : les habitants des bidonvilles nous demandent de plus en plus de produits d’hygiène, que nous devons acheter et qui sont assez coûteux : couches pour bébés, serviettes périodiques, savon, shampooing, lessive… On nous demande aussi souvent du gel hydroalcoolique, mais nous n’avons pas pour l’instant trouvé de « gisement ». Depuis une dizaine de jours, nous distribuons aussi des colis de vêtements et parfois de chaussures provenant de dons : là aussi les sources habituelles d’avant le confinement se sont souvent taries.

L’association William Penn a jusqu’ici dépensé pour le compte du Collectif solidarité Roms de Lille Métropole près de 7000 euros, provenant de vos dons, pour permettre ces distributions de denrées alimentaires et de produits d’hygiène et l’achat des cuves d’eau sur le site de la Poterne. La Ville de Villeneuve d’Ascq a aussi, rappelons-le, accordé une subvention de 1500 euros.

Divers : nous avons décidé collectivement d’apporter une aide à l’association du Père Arthur dont un camion, qui permet d’assurer des distributions alimentaires, avait des ennuis mécaniques ; nous avons réglé la réparation, pour un montant de 1 500 euros.

Attestation de déplacements : nous n’avons pas eu connaissance cette semaine de nouvelles verbalisations pour défaut d’attestation. Nous avons continué à en fournir à la demande et pour beaucoup à les remplir avec les personnes qui nous le demandaient.

Masques : les habitants des bidonvilles nous demandent maintenant systématiquement si nous pouvons leur fournir des masques. Nous avons déjà distribué environ 250 masques en tissu qui nous ont été fournis gracieusement par plusieurs couturières.

Retour à l’école : plusieurs enseignants lillois nous ont contactés pour faire le lien avec les parents d’enfants en bidonville. Cette semaine nous avons accompagné à la Poterne une enseignante du Vieux-Lille venue apporter à ses élèves des livrets de travail et des feutres, au grand plaisir des enfants. Les parents ont aussi été interrogés sur le retour éventuel à l’école à compter du 11 mai.

Covid-19 : le Collectif était représenté le 24 avril au cimetière de Lille-Sud, aux obsèques de Carol Moldovan, habitant du bidonville d’Hellemmes, décédé le 20 avril du Covid. Sa femme qui avait elle aussi été hospitalisée est aujourd’hui tirée d’affaire. Aucun autre cas n’a été diagnostiqué sur les bidonvilles à notre connaissance. 

Bertrand pour le Collectif

PS Reçus fiscaux : Les reçus fiscaux sont adressés au fur et à mesure aux donatrices et donateurs. Au cas où des personnes n’auraient pas encore reçu le leur, merci de vérifier qu’il ne se trouve pas dans votre boite de spams et merci de nous adresser un message si nécessaire : associationwilliampenn@orange.fr (Rq : nous n’avons aucune adresse de contact, électronique ou postale, pour une dizaine de donatrices et donateurs ayant effectué un virement sur le compte bancaire de l’association William Penn)

Crise sanitaire et Roms de l’est de l’Europe

La faim est la 1ère conséquence de la crise sanitaire pour les Roms de l’est de l’Europe…

https://www.nouvelobs.com/societe/20200416.AFP5617/pour-les-roms-des-balkans-la-faim-est-le-premier-symptome-du-coronavirus.html

Tirana (AFP) – Devant leurs masures délabrées, dans une puanteur épouvantable, des familles roms d’Albanie recherchent leur nourriture parmi les déchets qu’elles ne peuvent plus revendre. La faim est la première conséquence du coronavirus pour cette minorité des Balkans particulièrement vulnérable à la pandémie.

Entre couvre-feu et fermeture des écoles, les gouvernements de cette région pauvre d’Europe ont pris différentes mesures pour imposer la distanciation sociale.

Mais ces restrictions n’ont guère de sens pour des centaines de milliers de Roms qui vivent dans des habitats surpeuplés, quand ce n’est pas dans des bidonvilles sans eau courante, où se laver régulièrement les mains est impossible.

Et la conséquence immédiate de ces dispositifs, c’est de priver de tout revenu des familles qui n’ont aucun filet de sécurité.

« Pour se nourrir, on doit fouiller dans les poubelles pour trouver de quoi manger, des pâtes et du riz », dit à l’AFP Vanesa Lika, qui habite une cahute misérable au fond d’une cour à Breglumas, quartier périphérique de Tirana. A 15 ans, elle est mère de deux enfants de deux ans et 11 mois.

En temps normal, Vanesa et les siens collectent les déchets avec deux familles roms voisines pour revendre les matériaux à des petites entreprises de recyclage.

Mais en raison des restrictions, ces PME ont fermé leurs portes, et la petite communauté d’une quarantaine de personnes a perdu ses maigres ressources, une centaine d’euros mensuels par famille.

Mirela Vogli, 18 ans, vient d’accoucher mais elle n’a pas de lait. Sa voisine a récupéré une boîte de lait en poudre dans les déchets, de quoi tenir deux jours. « Mais que faire après? », se lamente la jeune fille d’une voix étouffée, berçant son bébé qui n’arrête pas de pleurer.

« La pauvreté oblige à tout »

C’est également dans les poubelles que ces familles tentent de trouver de quoi se protéger contre le virus, avec les fonds de bouteilles de détergents et de produits d’hygiène.

« Nous avons peur, nous essayons de nous protéger et de protéger nos enfants », raconte Vanesa devant les sacs de déchets qui s’accumulent devant sa porte. Elle sert fort dans ses bras son bébé qui tousse sans cesse, essayant de le calmer.

« Nous savons que ces déchets sont peut-être porteurs du virus mais on ne peut rien y faire. La pauvreté oblige à tout essayer », lance Lindita Vogli, la belle-mère de Mirela.

Le Covid-19 touche riches comme pauvres mais la crise sanitaire mondiale a révélé que la distanciation sociale, le télétravail et l’hygiène sont des privilèges inaccessibles à certains.

Partout dans les Balkans, les associations alertent sur la nécessité d’aider ces communautés historiquement stigmatisées, particulièrement vulnérables à la pandémie et à son impact économique, du fait même de leur dénuement.

Majlinda Veizi, du Centre albanais des droits des femmes roms, réclame que les membres de la minorité « soient inclus dans les programmes gouvernementaux d’aide aux entreprises fermées par le confinement », même quand ils travaillent au noir.

Les enfants roms n’ont pas le même accès à l’éducation que la population générale. « L’économie informelle », — collecte de plastique, de cartons et de métaux, musique de rue, mendicité –, est souvent la seule source d’emplois pour cette minorité qui compterait dans les Balkans occidentaux entre 700.000 et 1,36 million de personnes, selon les estimations de la Banque mondiale.

En Macédoine du Nord, à Suto Orizari, près de Skopje, l’un des plus grands quartiers roms de la région, un marché de vêtements à bas prix représente une grosse source de revenus pour la communauté. Mais il est en sommeil.

Double danger

« Ces gens sont en danger à la fois sanitaire et humanitaire », s’alarme Dragan Gracanin, de l’Association pour la coordination des questions roms en Serbie, où plus de 5.000 familles vivent dans des bidonvilles sans accès à l’eau potable. Deux tiers des habitations n’y sont pas reliées au réseau des eaux usées et 11% n’ont pas d’électricité, selon des données officielles.

« S’ils ont faim, ils seront forcés de sortir pour travailler. Imaginez que le virus entre dans un bidonville, ça serait horrible », ajoute-t-il.

Car une vie de pauvreté a aussi des conséquences sur la résistance aux maladies et sur l’espérance de vie, souligne Bashkim Ibishi, de l’ONG kosovare Advancing Together. « Si on n’a pas les moyens, on a des placards moins remplis, ce qui veut dire moins de vitamines, moins de tout, on est plus vulnérable ».

La promiscuité est également un gros souci. « Comment peut-on s’autoconfiner dans un gourbi de deux pièces avec 12 membres de sa famille »?, demande-t-il.

Au Monténégro, un lotissement de 1.300 Roms proche de la capitale Podgorica a été mis en quarantaine après la contamination d’un père de 10 enfants.

La police garde les lieux 24 heures sur 24.

Mais là encore, la peur principale ne concerne pas un virus qui a contaminé quelque 10.000 personnes et fait plus de 250 morts dans la région. « Le corona, ce n’est pas mon problème, je gère ça facilement », affirme Besim, 38 ans, à l’AFP. « Mon problème, c’est que je n’ai plus de revenus et j’ai besoin de nourrir une famille de neuf personnes ».

Les gens dépendent pour survivre des rations quotidiennes de pain et de yaourt liquide distribuées par la Croix-Rouge. L’institution a également fourni des produits d’hygiène et de puériculture, de la farine, des conserves, du chou. Le gouvernement a rétabli l’eau et l’électricité pour les familles endettées qui ne pouvaient plus payer leur facture.

« Je suis reconnaissant de toute aide mais deux miches de pain et deux litres de lait ne suffisent pas », explique Sahu Sefani, 41 ans, père de sept enfants.

burx-ev/cn

L'Obs avec AFP

L’Obs avec AFP

Bidonville route de Sainghin

Villeneuve-d’Ascq : le préfet et le maire sommés par le Tribunal administratif de fournir un accès à l’eau au dernier camp Rom non pourvu.

https://www.lavoixdunord.fr/747303/article/2020-05-01/villeneuve-d-ascq-le-prefet-et-le-maire-sommes-de-fournir-un-acces-l-eau-au

Du chemin a été parcouru depuis que le collectif Roms, vu l’urgence sanitaire, a entamé des démarches auprès de la MEL pour que tous les bidonvilles aient un accès à l’eau potable. Reste le petit camp de la route de Sainghin. La justice donne une semaine aux autorités pour l’équiper.

V. B. | 01/05/2020 – Voix du nord

Le préfet a argué
          qu’il n’y avait pas la place pour installer une cuve, du fait
          de la présence d’un gros tas de feraille. La justice estime
          qu’elle peut certainement être installée ailleurs.
Le préfet a argué qu’il n’y avait pas la place pour installer une cuve, du fait de la présence d’un gros tas de feraille. La justice estime qu’elle peut certainement être installée ailleurs.

Excentré, situé sur le côté droit de la route de Sainghin quand on vient de Villeneuve-d’Ascq, entre les derniers bâtiments de la Haute-Borne et le pont qui enjambe l’A27, ce petit camp est caché par un rideau de grands peupliers. À peine visible de la rue, il abrite deux familles, pour un total de 19 personnes, dont huit mineurs. On pourrait le croire sur le territoire de Sainghin, mais l’entrée se fait côté Villeneuve-d’Ascq.

Au titre de l’urgence

Ces familles s’approvisionnent en eau via une bouche d’incendie, située à 900 mètres de leur campement. Ils n’ont ni douche, ni sanitaires, et affirment-ils, ce qui est contesté, leurs déchets ne sont plus ramassés depuis bientôt un an. 

LA SUITE DE L’ARTICLE SUR LE SITE DE LA VDN

https://www.lavoixdunord.fr/747303/article/2020-05-01/villeneuve-d-ascq-le-prefet-et-le-maire-sommes-de-fournir-un-acces-l-eau-au

Communiqué du Collectif Solidarité Roms de Lille

Des avancées significatives, mais encore insuffisantes, pour l’accès à l’eau sur les bidonvilles de la métropole lilloise

Par deux fois, le 17 mars et le 15 avril, le collectif solidarité Roms de Lille-Métropole s’est adressé au président de la Métropole européenne de Lille. Dans ces messages, il exposait les situations difficiles que connaissent les habitants des bidonvilles et des squats de notre territoire et demandait à M. Damien Castelain d’agir pour leur permettre de se protéger –et de protéger les autres– du COVID 19, en leur fournissant notamment de l’eau courante.

Le 28 avril, le président de la MEL a enfin répondu à notre collectif. Nous nous félicitons de cette ouverture de dialogue et de la tonalité positive de cette réponse. Nous nous réjouissons surtout des avancées qui ont été enregistrées sur le terrain : la MEL est intervenue pour faciliter l’accès à l’eau de sept bidonvilles de Lille, Wattrelos, Hellemmes, Wasquehal et Villeneuve d’Ascq, les deux derniers en date étant ceux des rues Alfred de Musset et Denis Papin à Villeneuve d’Ascq.

En revanche, les habitants du bidonville de la route de Sainghin, toujours à Villeneuve d’Ascq, ne disposent pas encore d’un accès satisfaisant à l’eau ; dans une ordonnance du 29 avril, le Tribunal Administratif de Lille, saisi par deux de ses habitants, enjoint aux pouvoirs publics de garantir leur sécurité sanitaire en leur fournissant eau potable, sanitaires et conteneurs de collecte des ordures ménagères.

Sur le terrain de la Poterne à Lille, qui ne peut matériellement être raccordé rapidement à l’eau courante, des citernes ont été installées par notre collectif, grâce à des dons de particuliers : nous demandons que leur remplissage par les pouvoirs publics soit assuré à intervalles rapprochés de trois jours.

Nous continuons à demander que tous les bidonvilles de la métropole lilloise bénéficient enfin d’un accès à l’eau et à des sanitaires et d’une collecte des ordures ménagères.

Ci-dessous la lettre du Président de la MEL Damien Castelain :

Docteur Mireille LABROUCHE
Pour le Collectif Solidarité Roms Lille
Métropole

Lille, le 28 avril 2020

Madame,
Par courriel en date du 15 avril 2020, vous m’avez interpellé sur la situation des familles Roms installées en bidonvilles sur tout le territoire métropolitain, dont la précarité se trouve aujourd’hui aggravée par la crise sanitaire actuelle.
Depuis le début de l’épidémie, date à laquelle des mesures de confinement ont été prises à l’égard de l’ensemble de la population, la solidarité s’est organisée pour venir en aide aux plus fragiles et leur permettre de respecter ces mesures d’hygiène et de confinement.
Dans le cadre de sa délégation de service public de distribution d’eau potable, la MEL s’est mobilisée aux côtés de son opérateur ILEO pour permettre un accès à l’eau de tous les sites ayant été identifiés par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale comme « prioritaires » pour en être totalement dépourvus.
4 points d’eau ont ainsi pu être installés aux abords de plusieurs sites permettant d’assurer l’accès à l’eau « d’une manière ou d’une autre » de tous les campements de la métropole :

  • Wattrelos – ancienne friche Kuhlmann,
  • Villeneuve d’Ascq – Rondpoint de Roubaix,
  • Hellemmes – Chemin Napoléon ainsi que Lezennes – Boulevard de Tournai
    (1 point d’eau et 2 départs),
  • Wasquehal – avenue de Flandres.
    L’intégralité des ces branchements ont été connectés sur le réseau d’eau potable.
    Bien qu’identifié comme prioritaire, le site dit de « la Poterne » dans le vieux Lille n’a malheureusement pas pu être équipé en eau, les études de faisabilité ayant révélées l’absence de réseau de distribution d’eau potable à proximité. Je tiens d’ailleurs
    ici à saluer vivement les solutions apportées par le collectif Rom pour se substituer à cette impossibilité d’intervention technique.
    De manière complémentaire, et lorsque cela s’avère possible, la MEL est également intervenue sur certains sites pour permettre une amélioration des conditions d’accès et de fourniture en eau de certains sites. Je tenais donc à vous informer que les travaux de raccordement ont pu être réalisés sur les sites suivants :
  • Rue Alfred Musset,
  • Rue Denis Papin.
    En l’absence de réseau de distribution d’eau potable à proximité, le site dit de la « route de Sainghin » n’a quant à lui pas pu faire l’objet d’une installation de point d’eau.
    Les familles installées sur le site s’alimentent en eau potable à un point d’eau situé à quelques centaines de mètres et la Sauvegarde, missionnée par l’Etat les approvisionne en bouteilles d’eau.
    Aussi, plus de 900 kits d’hygiène individuels ont été mis à disposition par la MEL et distribués à l’ensemble des familles en bidonvilles par La Sauvegarde du Nord, en parallèle de l’aide alimentaire.
    Je remercie l’ensemble des membres du Collectif Rom pour sa mobilisation à l’égard des plus fragiles, qui plus est en ces circonstances exceptionnelles, et vous assure de tout mon soutien.
    Je vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées. Bien cordialement.

Damien Castelain

Lettre ouverte à E.Macron

317 associations et collectifs (dont l’AhWP) interpellent le Président de la République pour la régularisation des sans-paper du dait de la crise sanitaire

https://eg-migrations.org/Lettre-ouverte-317-associations-et-collectifs-interpellent-le-President-de-la

A l’heure où, du fait du contexte sanitaire, de nombreuses initiatives pour la régularisation des personnes sans-papiers voient le jour, les États Généraux des Migrations ont souhaité, dès le 20 avril dernier, affirmer dans un communiqué leur soutien à ces démarches tout en rappelant la nécessité que cette régularisation soit immédiate, pérenne et inconditionnelle pour toutes les personnes concernées.

Dans la continuité de cette première initiative, ils proposent aujourd’hui d’aller plus loin et de rassembler ces multiples voix dans un appel commun. Ainsi, le 30 avril 2020, 317 associations et collectifs, œuvrant à l’échelle locale ou nationale, ont, à l’initiative des États Généraux des Migrations, interpellé le Président de la République dans une lettre ouverte à ce sujet.

La diffusion de cette lettre se veut massive. Elle a été relayée auprès de la presse, et transmise à tous les parlementaires. Elle s’accompagne par ailleurs d’un modèle de courrier à l’attention des Préfectures, dont vous pouvez vous emparer pour interpeller massivement les autorités locales en parallèle de cette action collective d’ampleur nationale.

LETTRE OUVERTE À EMMANUEL MACRON

Le 30 avril 2020,

Monsieur le Président de la République,

Nous – États Généraux des Migrations, associations, syndicats et collectifs – vous demandons de procéder à la régularisation immédiate, pérenne et inconditionnelle des personnes sans-papiers.

La pandémie à laquelle nous faisons face aujourd’hui révèle au grand jour les inégalités sociales, économiques et sanitaires qui minent notre société. Dans cette période, la situation des personnes sans papiers est des plus inquiétantes. L’absence de titre de séjour les privant de l’accès aux droits sociaux fondamentaux tels que le droit au travail, au logement, aux prestations sociales, l’état d’urgence sanitaire démultiplie leur précarité. Durant le confinement, l’absence de droit à l’assurance chômage, alors que la plupart travaillent, le risque d’être contrôlé·es, placé·es en rétention – car les centres de rétention administrative ne sont pas tous fermés et sont des lieux autant propices à la propagation du Covid-19 que les prisons – et, l’absence de logement à leur nom font des personnes sans papiers des victimes potentielles de l’épidémie davantage que le reste de la population.

Si leur sort a pu réapparaître dans le débat public aujourd’hui, c’est uniquement en termes de santé publique, et les quelques solutions apportées ici ou là pour permettre à certain·es d’obtenir un lieu d’hébergement plus conforme aux exigences sanitaires ne sont qu’un pis-aller, au demeurant très provisoire. La situation de ces personnes auxquelles l’État refuse d’accorder le droit au séjour est le résultat de politiques migratoires toujours plus restrictives et déshumanisantes, d’un choix du non-accueil, du primat de la logique utilitariste sur celle de l’égalité et de la dignité humaine.

Cette situation va perdurer une fois la crise sanitaire passée. Les personnes sans papiers continueront d’être maintenues dans une situation de non droit qui les rend vulnérables à l’exploitation et aux abus de toutes sortes, en sus de la menace du contrôle, du risque de placement en centre de rétention et d’expulsion. Leur traitement comme main d’œuvre flexible et à bas prix contribue depuis de nombreuses années à la dégradation des droits du travail de toutes et tous.

Parce que l’accès à la dignité et aux droits fondamentaux ne peut ni être affaire de circonstances, ni servir des intérêts économiques, mais doit constituer au contraire une exigence non négociable d’égalité, nous vous demandons de régulariser immédiatement, de façon pérenne et inconditionnelle toutes les personnes sans papiers, étape nécessaire du changement radical des politiques migratoires que nous revendiquons toutes et tous depuis de nombreuses années.

https://eg-migrations.org/Lettre-ouverte-317-associations-et-collectifs-interpellent-le-President-de-la

Compte-rendu du 27/4

Rendez-vous à 12 h 45 Place Caulier à Fives pour Mireille, Frédéric, Justine (nouvelle bénévole qui veut faire du soutien scolaire) et moi : nous avons acheté des bocaux de légumes avant de passer récupérer 50 kilos de cuisses de poulet chez le boucher de la rue du Fbg de Roubaix. Après les avoir conditionnés chez moi, nous les avons distribués rue de la Chaude Rivière, avec  de la farine de maïs, des bocaux de légumes, de l’huile, du sucre, des produits d’hygiène et une vingtaine de formulaires d’attestation. Nous avons distribué ce qui restait aux Pyramides où nous avons appris que des tickets services d’une valeur de 3,5€, à raison d’un ticket par personne et par jour ont été distribués par la DTV.

Frédéric et moi sommes ensuite allés au Secours Populaire de Lomme chercher des vêtements. Nous avons rencontré là-bas une bénévole isolée, Isabelle, qui se rend régulièrement sur les terrains de Ronchin, Lezennes et Hellemmes. Elle a laissé ses coordonnées à Frédéric qui lui a expliqué le fonctionnement du collectif.

Nous avons distribué les vêtements au terrain de l’entrée de la Poterne (Poterne 1). Il restait environ 300 litres d’eau dans les cuves sur Poterne 1 et Poterne 2.  L’un des fils d’Olga a voulu nous montrer la nouvelle installation de sa famille (Poterne 3 donc), qui s’est séparée de Poterne 2 ce week-end, où il y a manifestement eu de grosses tensions.

La famille d’Olga s’est donc posée avec deux caravanes, en haut de la Poterne, du côté de l’avenue Winston Churchill. Nous leur avons donné les vêtements restants.

Dominique

A propos d’autres habitants de bidonvilles : les migrants de Calais…

Association SALAM Nord/Pas-de-Calais

ETAT D’URGENCE.

Etat d’urgence…Hiérarchie sans tête ???

En cet état d’urgence où notre Président et son gouvernement en appellent à la responsabilité de tous et ne cessent de répéter l’importance de la distanciation sociale et du respect des gestes barrières pour notre santé,

En cette période où notre Président et son gouvernement instaurent le confinement de tous et des plus précaires,

En cette période où notre Président et son gouvernement affrètent des bus pour la mise à l’abri de nos Amis,

En cette période où notre Président et son gouvernement organisent une distribution de nourriture aux plus démunis d’entre nous…

M. Le Procureur, M. Le Préfet, M. Le Sous-préfet continuent chaque jour d’ordonner les démantèlements…tristement, scandaleusement, institutionnalisés !!!

Pourquoi de tels ordres sont-ils perpétués alors même que notre Président et son gouvernement ont donné les mesures de confinement pour tous ?

Pourquoi les représentants de la loi eux-mêmes ne respectent-ils pas les mesures prises par notre Président et son gouvernement ?

Pourquoi les forces de l’ordre sous l’autorité de M. Le Procureur, de M. Le Préfet, de M. Le Sous-préfet, démontent les tentes et jettent les maigres mais précieux effets de nos Amis alors même qu’ils sont invités à recevoir, par une association en délégation de l’Etat (et donc de notre Président et de son gouvernement), la nourriture nécessaire à leur survie dans des conditions de précarité extrême ?

Pourquoi chaque jour, à l’heure-même de cette distribution officielle, les forces de l’ordre, sous l’autorité de M. Le Procureur, de M. Le Préfet, de M. Le Sous-préfet, provoquent-elles, elles-mêmes, par le démantèlement, des regroupements avec une promiscuité forte ?

Chaque jour les forces de l’ordre, sous l’autorité de M. Le Procureur, de M. Le Préfet, de M. Le Sous-préfet ne respectent pas les mesures prises par notre Président et son gouvernement pour protéger la population et mettre à l’abri les plus démunis.

Mercredi : des tentes sont détruites et embarquées avec des effets personnels…

Jeudi : des papiers officiels sont confisqués en toute illégalité…

Dimanche : l’ensemble de la zone est démantelé à l’heure de la distribution officielle… et nos Amis se bousculent derrière les barrières mises en place pour gérer le flux d’arrivées et pour respecter la distanciation entre les uns et les autres…

Pourquoi les forces de l’ordre déployées en nombre n’étaient-elles pas en poste pour permettre le début de la distribution ?

Pourquoi les multiples appels aux autorités et les demandes directes aux nombreux gradés en place sur le site sont-ils restés sans réponse ?

Après avoir subi les démantèlements, nos Amis ont attendu une heure supplémentaire dans la promiscuité pour voir finalement la distribution annulée.

Pourquoi les mesures de démantèlement ordonnées par M. Le Procureur, M. Le Préfet, M. Le Sous-préfet ne sont-elles pas soumises, elles aussi, à l’état d’urgence et aux mesures de protection de la population instaurés par notre Président et son gouvernement ?

Hébétés devant ces ordres contradictoires,

Interdits devant cette routine inhumaine,

Révoltés par cette humiliation institutionalisée,

Consternés par cette hiérarchie sans tête…

Qui a pris la décision de cette humiliation quotidienne ?

Qui a pris la décision de ce mécanisme cruel ?

Qui a pris la décision de cette machine absurde ?

Qui a pris la décision de cette orchestration indigne ?

Qui a pris la décision de cette mise en danger d’autrui ?

Qui est le responsable des mesures de protection de toute la population ?

M. Le Procureur ? M. Le Préfet ? M. Le Sous-préfet ? Notre Président et son gouvernement ?

Qui fera enfin preuve de responsabilité durant cet état d’urgence ???

Jean-Claude Lenoir, Président de l’association SALAM Nord/Pas-de-Calais.

Lettre ouverte envoyée à la presse, aux autorités d’Etat  locales, au Procureur, au président de la République, aux ministres (Premier, Intérieur, Justice et Santé) et au DDD.

(Lettre transmise par Claire du Groupe d’Amnesty international d’Armentières)

La DTV-Sauvegarde arrête ses distributions alimentaires dans les bidonvilles de la MEL

Arguant de la réouverture des Restos du cœur et du Secours populaire, et des tournées de distributions alimentaires et de produits d’hygiène accomplies par les bénévoles du Collectif solidarité roms de Lille-Villeneuve d’Ascq et de l’asso Père Arthur, ami des pauvres sur Roubaix Toucoing, l’association La Sauvegarde, financée par la Préfecture, nous a indiqué mettre fin à sa propre distribution en nature sur les bidonvilles et dans les squats. Elle les remplacera par des distributions de tickets-service.

Nous reviendrons dans les prochains jours sur les conséquences de ces décisions sur notre action.

Frédéric