Réunion Collectif lillois

Réunion du collectif Roms le 11  février à 18 heures, au 5 rue de St Omer à Lille (local de la LDH)

A l’ordre du jour:

– le projet d’éco-quartier de Christophe Thomas (la chti maison solidaire)

– la rencontre avec la DTV

– l’ouverture du sas de Loos

– l’état des terrains

– les démarches en cours auprès de la Mel et de la DDCS

– la campagne des municipales

– l’expo photos de Lomme

– divers

Vous êtes cordialement attendus

Mireille Labrouche

EXPO AU LYCEE SONIA DELAUNAY DE LOMME LE 31/1

L’exposition photo produite par le collectif solidarité Roms de Lille-Métropole est présentée pour la première fois au lycée Sonia Delaunay de Lomme (121 rue de la Mitterie à Lomme, arrêt de métro : Maison des enfants), grâce aux bons offices de Philippe Lagatie. Elle sera accrochée au CDI jusqu’aux vacances de février.

Vernissage ouvert à toutes et tous vendredi 31 janvier à 10 h 30 au centre de documentation et d’information du lycée.

A propos de l'antiracisme à 2 poids, 2 mesures, des éditorialistes de la Voix du nord

Courrier adressé au Courrier des lecteurs de la Voix du Nord et à Monsieur Berger

Dans un éditorial de la Voix du nord (23/1), Monsieur Berger dénonce l’antisémitisme, les actes anti-musulmans et les actes anti-chrétiens. Pourquoi omet-il de dénoncer aussi les méfaits anti-roms pourtant extrêmement graves (agressions physiques comme lors des chasses à l’homme et des caillassages commis en mars 2019; actes commis directement par les pouvoirs publics lorsque ceux-ci refusent le ramassage des ordures ménagères, l’inscription des enfants à l’école ou ordonnent par milliers chaque année des expulsions (1) sans respecter la législation (2)) et très nombreux (N’étant ni français ni francophones ni instruits, les habitants des bidonvilles roms ne sont évidemment pas en mesure de porter plainte pour les agressions racistes dont ils sont victimes, et les rares bénévoles qui les aident sont déjà bien trop occupés pour le faire à leur place) commis dans notre pays ?

Cordialement.

Frédéric Béague

 (1) Sans proposer de lieu de relogement notamment  : Instruction gouvernementale du 25 /1/2018 sur la résorption des bidonvilles

(2) Ce que l’Etat et les pouvoirs publics ne se permettraient jamais à l’encontre d’autres minorités…           

Parcours de Roms, des précaires comme les autres

Analyse 

Selon une étude de l’association Trajectoires, qui a interrogé des Roms relogés après une sortie de bidonville, tous se sont maintenus en logement, leurs enfants restent scolarisés et deux tiers ont un emploi.

  • Nathalie Birchem , le 17/01/2020, LA CROIX

https://www.la-croix.com/France/Exclusion/Parcours-Roms-precaires-comme-autres-2020-01-17-1201072341

Parcours de Roms, des précaires comme les autres

À 34 ans, Mitko a fait du chemin. Quand, en 2005, à 19 ans, juste après son bac, ce jeune Rom a quitté la Bulgarie pour rejoindre ses parents dans un bidonville de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), il n’avait guère de perspectives d’avenir. Depuis, il a été logé dans un village d’insertion puis en foyer de jeunes travailleurs. Il a appris le français et s’est inscrit à l’université pour mieux maîtriser le romani. Une compétence qu’il utilise comme interprète auprès d’associations. Il s’est aussi marié avec une compatriote, rencontrée à une conférence sur les Roms et qui est aujourd’hui professeure de bulgare. Le couple vit dans un studio HLM, toujours en Seine-Saint-Denis.

Seule ombre au tableau pour lui : le travail. En 2011, il est embauché en CDI dans une société de nettoyage. « Souvent, on me demandait de commencer à 4 heures du matin pour faire des livraisons sur un chantier, jusqu’à 8 heures Puis il fallait que je travaille au nettoyage jusqu’à 16 heures. Et après on me renvoyait sur des livraisons jusqu’à 20 heures ou parfois minuit… Et tout ça sans être payé plus ! » Au bout de quelques mois, on lui diagnostique une hernie discale. Il est désormais reconnu travailleur handicapé. Et n’a pas pu se maintenir dans son dernier emploi de chauffeur, moins pénible mais avec des horaires également à rallonge…

L’histoire de Mitko résume finalement assez bien le parcours d’insertion des Roms. Alors que beaucoup de stéréotypes circulent sur cette population, l’association Trajectoires a voulu savoir comment ils évoluaient une fois sortis des bidonvilles. En 2015, elle interroge donc 50 ménages roms, issus de différents bidonvilles, à un moment où leur situation administrative est réglée, où ils disposent d’un hébergement et sont en cours d’insertion professionnelle. Quatre ans après, une deuxième étude, réalisée avec le soutien de la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) et de la Fondation Abbé Pierre, fait le point sur le devenir des 25 qu’elle a pu réinterroger.

Tous ont des bas revenus

Premier enseignement : « Toutes les personnes se sont maintenues en logement », explique Alexandre Le Clève, chercheur à Trajectoires. « Les logements visités sont bien tenus », note le rapport, qui signale qu’« il n’y a pas eu de problèmes liés au voisinage ou à l’hygiène ». 17 sur 25 sont en HLM, deux dans le privé et six dans un logement précaire. « Pour un certain nombre, ce logement n’est pas pérenne et certains ont des difficultés de loyer », précise Alexandre Le Clève. « Les foyers de notre échantillon sont tous en situation de bas revenus », écrit le rapport.

De fait, si deux tiers des ménages interrogés ont un travail, « l’emploi reste précaire », observe Alexandre Le Clève. 56 % des ménages n’ont qu’un revenu et 12 % en ont deux. À noter : hernie discale, mais aussi blessure au genou, nerfs du poignet abîmés… un grand nombre témoignent de problèmes de santé liés à un travail pénible.

D’autres se sont arrêtés pour s’occuper des enfants. Le taux de scolarisation des 6-16 ans est d’ailleurs de 100 %. Toutefois, seuls 67 % des enfants vont régulièrement à l’école et certains parents témoignent de difficultés pour aider leurs enfants. De plus, au-delà de 16 ans, beaucoup « ont soit arrêté leur parcours scolaire soit ont des absences répétées », note l’étude. Bref, résume le rapport, bien après leur sortie de bidonville, « l’insertion des familles demeure fragile », mais ces difficultés relèvent de problématiques de précarité plutôt que « de problèmes d’adaptation liés à une culture ».

Des vélos pour les habitants des bidonvilles

Grâce à Jean-Marc, bénévole et secrétaire de l’AhWP, spécialiste de l’achat de vélos d’occasion et de la réparation de ceux-ci, et grâce à son partenaire : la Maison du Vélo roubaisienne qui lui fournit les pièces nécessaires, nous sommes en mesure de distribuer des vélos aux uns pour aller à l’école, aux autres pour aller travailler, à tous pour s’amuser et se promener… Un coup de projecteur écrit par Jean-Marc sur notre partenaire solidaire :

La Maison Vélo Roubaisienne où Les Puces à Vélo : du beau travail.

Connaissez-vous une ville française qui possède 2 clubs cyclos, 1 club de compétition amateur, 1 équipe cycliste professionnelle, 2 vélodromes et l’arrivée de la plus prestigieuse des courses cyclistes d’un jour ? Inutile de se triturer les méninges : il n’y en a qu’une, c’est Roubaix !

Oui, une « carte de visite » bigrement élogieuse. De quoi postuler au titre (officieux mais reconnu) de capitale française du vélo. Chapeau bas !

Connaissez-vous une ville française de 100.000 habitants, avec donc, logiquement, plusieurs milliers de cyclistes occasionnels ou réguliers, qui ne possède, sur son territoire, aucun magasin de cycles ou de réparateur patenté ? Bon, il doit bien y en avoir quelques unes, mais oui, c’est gagné : Roubaix en fait partie !

Là, c’est moins remarquable et surtout, c’est quelque peu paradoxal. Mais c’est ainsi.

Heureusement, Roubaix est riche d’un tissu associatif particulièrement développé.

On y trouve notamment 2 structures, créées par des bénévoles, qui viennent, efficacement, pallier à ce manque regrettable :

– Les Puces à Vélo/ La Maison Vélo Roubaisienne.

– Busabiclou.

Nous nous intéresserons à cette dernière dans un prochain numéro. Nous nous attarderons, aujourd’hui, sur la première.

Bernard Leman (c’est l’homme qui se cache derrière Les Puces à Vélo, La Maison Vélo Roubaisienne ou encore : les vélos Bernard). Cela fait maintenant 7 ans qu’il a mis le nez dans le guidon et les mains dans le cambouis. Au début, d’une manière informelle : uniquement un groupe de copains et de sympathisants venus adhérer à ce concept. Depuis 2 ans : déclaré en bonne et due forme comme association officielle.

Son but est de réparer, entretenir, redonner une nouvelle vie à votre bicyclette. Qui que vous soyez. Riche ou pas : il ne demande pas votre quotient familial, ni votre dernière feuille d’imposition. Roubaisien ou pas : il ne réclame pas votre carte d’identité.

Il est présent tous les samedis matin (la matinée à régulièrement tendance à s’étendre) dans son « atelier ». C’était, jusqu’à peu, boulevard de Belfort, sur le site de La Solidarité (une autre association roubaisienne à vocation humanitaire, dont la bonne volonté et le travail sont inversement proportionnels aux peu de moyens dont elle dispose). Les vélos, à remettre en état ou à désosser pour en récupérer des accessoires, étaient empilés dans un local exigu et sans éclairage. Sans chauffage aussi (cela va sans dire). Peu importe d’ailleurs, puisque, de ce fait, ils étaient dans l’obligation de travailler dehors. Été comme hiver (ça fonctionne toute l’année). Un peu pour compenser ces conditions plus que spartiates et surtout pour développer une franche camaraderie, on fait bouillir le café ou une soupe, de temps à autre on allume un brasero, auprès duquel, pour quelques secondes on vient réchauffer des doigts qui s’engourdissent.

Mais depuis environ une année, ces vieux bâtiments ont été réquisitionnés, probablement pour être rasés. Aujourd’hui, « l’atelier » est situé Place Charles Roussel, dans le quartier de l’ Epeule. Oui, absolument : c’est en plein air. Pas de local. Prochainement (plus ou moins), ce sera peut-être sur le parvis, face à la bibliothèque municipale. Mais toujours avec le ciel pour seul toit. Des discussions sont en cours avec Emmaüs de Wambrechies afin,éventuellement, de récupérer un local sur Roubaix.

Pour être franc, ils viennent quand même de réaliser probablement l’investissement le plus onéreux depuis leur création : l’achat d’un parapluie de marchand forain, d’occasion, pour 150 euros. Ça ne pourra pas se produire tous les jours, c’est certain.

En effet, l’adhésion annuelle est de 5 euros (pour ceux qui sont en mesure de payer, (sinon on s’arrange). Les prix des réparations sont imbattables : environ 2 € pour une crevaison (!). Dans la majorité des cas on vous chiffre un « devis » approximatif. On vous répare le vélo dans la foulée. Si c’est vraiment long et plus compliqué, on vous l’embarque et il vous est restitué la semaine suivante. Sur les accessoires (câbles, patins, chambre à air), c’est au prix (attractif) coûtant.

Dans ces conditions aucune possibilité de se faire de la trésorerie. Les dépenses « on les oublie » : pas de remboursement de frais de carburant, les outils sont ceux des responsables.

Voilà comment ça fonctionne, depuis 7 ans, pour le plus grand bénéfice de roubaisiens et d’autres. Ça prend même de l’extension : on peut aisément le comprendre. Aussi en plus du local, Bernard est-il, urgemment, à la recherche de bénévoles ayant quelques connaissances en mécanique : vous savez où le trouver. Lui (mais pas tous les décideurs apparemment), se rend parfaitement compte que la demande va aller en s’amplifiant : toutes les instances ; des mairies jusqu’au gouvernement, en passant par les communautés de communes, les départements, les régions ; préconisent l’utilisation des transports en commun et de la bicyclette. Des aides sont octroyées à l’achat de bicyclettes, des vélos en libre service sont proposés dans toutes les grandes villes. Tout cela demande de l’entretien. Pour ceux concernés par le premier cas, les vélocistes sont de moins en moins nombreux et le coût (le plus souvent légitime) de la main d’oeuvre est hors de portée d’ un certain nombre d’utilisateurs. Pour ceux du second groupe, il leur suffit de remettre le vélo en panne ou « accidenté » à la première station rencontrée et d’en prendre un autre.

Il serait d’ailleurs sans doute édifiant, de connaître les coûts de fonctionnement et de revient de ces vélos en libre service et de les comparer à ceux, ridiculement bas, générés par le travail et le service (d’utilité publique), rendus par des associations telles que celle de Bernard. Mais ça, c’est une autre histoire.

Jean-Marc Delchambre.

Magazine Le Haut du Pavé, N°41 Décembre 2019, publié par l’association « Les amis de Paris Roubaix »

A propos de mendicité

Pour faire suite au dernier compte-rendu du Collectif, Bertrand a retrouvé un texte de 2011 écrit par Anne et Roseline pour la LDH de Lille. Un texte toujours d’actualité.

LA MENDICITE

Que penser ? Que dire ?   Que faire ?

LA MENDICITE : UN FLÉAU QUI NE CESSE DE CROÎTRE ET TRADUIT L’EXTRÈME FRAGILITÉ D’UNE PARTIE DE LA POPULATION.

La mendicité peut être un mode de vie librement choisi. Il en est ainsi pour les ordres mendiants que l’on trouve dans toutes les religions. Mais, soyons réalistes, les personnes, de plus en plus nombreuses, que l’on voit mendier sur les places, aux entrées de métro, sur les parking, ne sont pas la manifestation d’un renouveau du religieux mais révèlent plutôt la violence de la crise financière, économique et sociale qui rejette les plus fragiles d’entre nous aux limites de la société et les contraignent à cette extrémité pour assurer leur survie parce qu’ils n’ont pas de travail, pas de logement et sont victimes de cette société « à deux vitesse » ;

Il en est ainsi des « sans droits » : chômeurs en fin de droit, jeunes n’ayant pas l’âge pour accéder au minima sociaux, SDF etc… mais aussi « sans papier » et plus récemment Roms venus de Roumanie, Bulgarie … ou l’ex Yougoslavie.

Ceux qui viennent de pays hors UE sont soumis aux législations très répressives à l’encontre des étrangers (titres de séjour, rétention, répression relevant des lois Sarkozy-Hortefeux-Besson). Les 15 000 réfugiés Roms vivant en France qui viennent de Bulgarie et de Roumanie, pays intégrés à l’Europe sont des européens de seconde zone et soumis aux dispositions spéciales de la « période transitoire » de 7 ans (jusqu’en 2014) qui semblent plus favorable quant au droit de circulation, de séjourner et de travailler mais qui les contraignent de trouver un travail dans les trois mois qui suivent leur arrivée.

Ne nous voilons pas la face, les préjugés, le rejet dont sont victime les Roms et l’obligation faite aux employeurs, qui souhaiteraient les embaucher, de payer une taxe de 900€ à l’OFI leur interdit de fait tout accès à un emploi.

Les activités économiques Roms sont donc entravées par la réglementation et le chômage. Pourtant ils  ne sont loin pas sans capacités ou inactifs : travail au noir, récupération, vente de journaux ou de matériels restaurés, musique et spectacle de rue etc…) Tout cela ne leur vaut que de maigres ressources, très partielles et précaires. A cela s’ajoute une limitation drastique des aides sociales (AMASE supprimées ou limitées, exclusion de certains bureaux d’aide sociale ou de centres associatifs d’aide etc..). Dans ces conditions les services aux carrefours et la mendicité en centre ville deviennent une nécessité pour ces familles. Et les femmes et les enfants jouent donc un rôle central dans ce dispositif de survie d’une population victime de rejets et ségrégations répétées (dans leur pays d’origine, en Europe, sur le territoire français).

Ce sont les causes de la pauvreté qu’il faut incriminer, non les effets subis par ses victimes

Ces situations sont en infraction avec les engagements humanistes universels:

La triple exclusion des Roms (pays d’origine, Europe, France) contrevient à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948: aux articles 3, 5, 6,7,9 sur les droits généraux (sûreté, traitements inhumains ou dégradants, personnalité juridique, protection contre les discriminations et l’arbitraire) mais aussi auxarticles 22 (sécurité sociale, droits économiques, sociaux et culturels…) 23 ( travail) 25 (niveau de vie suffisant, santé, alimentation, habillement, logement, soins, services sociaux, protection de la maternité et de l’enfance) 26 et 27 (éducation et culture).

Le rejet et la marginalisation inscrite dans notre législation et les pratiques du Ministère de l’Intérieur entrent aussi en contradiction, de manière flagrante, avec la Convention des droits de l’Enfant de 1989 et avec la Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités du 18 décembre 1992

MAIS QUE PENSER DE LA MENDICITE DES ENFANTS

OU AVEC LES ENFANTS ?

Voir des enfants ou des femmes avec leur bébé mendier choque.

Il est évident qu’en organisant la mendicité des enfants,  des familles Roms jouent sur la corde sensible, provoquant tantôt la compassion tantôt la révulsion du public. La réflexion du collectif, dans sa diversité, comprend ces réactions spontanées mais privilégie une approche rationnelle de la réalité humaine et sociale, et on peut affirmer de manière forte que la misère des enfants et des femmes étalée sur les trottoirs n’est pas seulement une mise en scène mais correspond à une misère REELLE.

La réunion a  par ailleurs soulevé la diversité des situations :

  • Certaines familles Roms condamnent la mendicité des enfants
  • Certains enfants sont contrains et exploités
  • Mais d’autres le font volontiers, comme un travail, participant par là à la survie de la famille.
  • Quand les enfants sont scolarisés ils ne mendient pas.

Nous rejetons la mendicité des enfants mais nous constatons qu’elle s’impose à des familles dont la survie est menacée. La misère visible des Roms entraîne aussi une sensibilisation forte des personnes vivant dans les quartiers. Il ne faut pas nier la générosité et souvent l’efficacité de la démarche. Il ne faut évidemment pas la condamner ni bien sûr la tarir mais il faut débattre et agir pour que cette démarche honorable de citoyens s’inscrive aussi dans une participation à une lutte institutionnelle pour la reconnaissance des droits des Roms. Revendiquer la justice et la solidarité, sans fustiger la charité. Comment  l’inscrire davantage dans une participation à une lutte politique.  Il y a là tout un travail de pédagogie en vue d’une prise de conscience de la nécessité d’une solution sociale et politique. C’est prioritairement au nom de la justice, de la solidarité active et de la recherche de solutions structurelles que le collectif construit le dénominateur commun de ses analyses et de son action et transcende nos sensibilités personnelles, légitimes.

Face à cette situation, contraire à la Convention des droits de l’Enfant de 1989, il nous faut trouver une solution de sortie par le haut, progressive, à construire pas à pas, avec des propositions concrètes fondées sur l’analyse objective des réalités vécues.

DES REPONSES PARTIELLES, PROVISOIRES MAIS

CONCRETES

Des embryons de réponses ont été formulées dans le débat. Le temps nous a empêché de les creuser et de les passer au feu de la critique. Ce sera l’objet de séances ultérieures. Dans l’état présent, nous nous contenterons de faire l’inventaire des pistes ouvertes

  • A court terme :
  • Développer l’action pour la scolarisation des enfants

En liaison avec l’ASET, l’inspection académique, les inspecteurs de l’EN, les municipalités, les centres sociaux et les organismes de culture populaire ainsi qu’avec les habitants des quartiers, les associations de parents d’élève etc… Il est aussi indispensable de trouver des formes spécifiques d’accès à l’école. Et d’étudier concrètement la répartition des enfants et les formes de ramassage scolaire. Contrairement à ce que l’on entend dire les familles sont favorables à la scolarisation de leurs enfants mais cette scolarisation est souvent empêchée du fait du refus de certaines municipalités de domicilier ces familles via leur CCAS.

  • Rencontrer les organismes liés à l’enfance

L’aide à l’enfance du Conseil Général, le juge à l’enfance doivent être contactés pour mettre au point des mesures d’incitation permettant une résorption de la mendicité enfantine plus particulièrement de la mendicité avec les bébés. Des solutions ont déjà été trouvées dans d’autres département (conventions avec les familles…)

  • Organiser de manière plus rationnelle les aides matérielles

Essayer d’encadrer les dons spontanés pour éviter les gaspillages et la dépendance, s’enquérir davantage des besoins réels des familles. Mieux coordonner les aides des organismes associatifs et des collectivités territoriales. Poser aussi le problème de la qualité alimentaire qui ne doit pas rester l’apanage des plus aisés.

  • A moyen terme
    • Mener une action conjointe avec différents partenaires institutionnels

Avec les élus européens, nationaux et locaux pour poser le problème de la modification des mesures législatives et des pratiques en résultant. Avec les travailleurs sociaux. Avec le milieu enseignant et de l’aide à l’enfance pour une action pédagogique et psychologique non répressive.

  • Inscrire l’action pour l’abandon de la mendicité dans le travail des médiateurs

Des médiateurs Roms mis en place par l’Europe mais aussi de tous ceux qui exercent une médiation de fait : agents municipaux, travailleurs sociaux etc… Cela réclamant bien sûr une formation à la communication et à la connaissance réelle des problèmes afin d’éviter de donner à l’intervention un caractère « moraliste ».

  • Revendiquer des niveaux de ressources minimales pour les Roms

L’obtention de ce revenu minimal, seule issue réaliste pourrait inclure le renoncement par contrat à la mendicité.

Gérard Minet et Roseline Tiset (LDH)                                              20 mars 2011

Une tribune d'Amnesty international

PRIVÉE D’ÉCOLE

Publiée dans la Chronique d’Amnesty international de décembre 2019

Chaque mois, un artiste s’empare d’une histoire qui lui tient à coeur. Avec son regard, sa sensibilité, il nous livre un récit et quelques objets. Le romancier Christophe Boltanski, auteur de La Cache et du Guetteur, inaugure cette rubrique. Il raconte comment une élue locale a tenté de priver Madalina, enfant rom, d’un droit fondamental : aller à l’école.

De grandes boucles d’oreilles, un tee-shirt siglé Givenchy, des cheveux bruns rassemblés en queue de cheval, des joues rondes, des mains potelées, un corps engoncé dans une gangue d’enfant, Madalina est une préado comme les autres, à la fois taiseuse et enjouée, attentive et ailleurs. Elle parle peu, mais ses réponses lapidaires en disent long. Elle habite avec sa famille un appartement sobrement meublé, à Courcouronnes, dans l’Essonne. Chaque matin, elle se rend à son collège, à Ris-Orangis. Elle prend le bus en bas de chez elle. En quatre stations, elle est arrivée. Chaque matin, sa mère, Anita, enceinte de six mois, l’accompagne avec son ventre rond. Devant les autres élèves, Madalina se passerait bien de sa présence. « Je lui dis : “Laisse moi y aller toute seule, mais elle a peur” ». De quoi ? Elle sourit. « Je ne sais pas ». Elle ne le sait que trop.

Ses parents vivent dans la crainte de tant de choses. D’une énième opération de police, d’être séparés de leur fille, de voir une fois de plus les grilles de l’école se refermer devant elle, de perdre leur logement, de courir à nouveau d’un bidonville à un autre, au rythme des arrêtés d’expulsion, d’être renvoyés en Roumanie, leur pays, qui au pire les rejette, au mieux les marginalise. Les Manea appartiennent à la communauté rom. Ils n’aspirent qu’à une vie stable. À 13 ans, Madalina entre en cinquième. Elle a retrouvé ses amis, déclare aimer les maths, l’espagnol, les arts plastiques, un peu moins le français, et fait la fierté de son père : « Ses professeurs m’ont dit qu’elle est très bonne élève », se félicite Vasile, assis en bout de table. Elle trône au milieu. Comme il se doit. Elle est l’héroïne du jour.

Chaque matin, elle exerce un droit dont elle a été spoliée. Elle venait d’avoir 8 ans quand ses parents ont voulu l’inscrire en primaire à Sucy-en-Brie, une ville du Val-de-Marne. Ils se sont heurtés à une fin de non-recevoir assénée par une employée de mairie. Ce simple « non » proféré derrière un guichet ne relève pas d’une quelconque négligence. Il traduit une politique. Pas d’école pour Madalina et ses semblables. Un déni ordinaire, commis par de nombreuses municipalités, que la justice vient de sanctionner, après cinq ans de procédure et d’innombrables recours. Le 19 juin dernier, la maire de Sucy-en-Brie, Marie-Carole Ciuntu, a été condamnée par la cour d’appel de Versailles pour « discrimination », en raison de son refus de scolariser Madalina et quatre autres enfants de la communauté rom qui campaient sur sa commune. Une première en France. Elle doit verser 1 000 euros d’indemnisation à chacun d’eux.

En ce début septembre, Vasile n’y croit toujours pas. « La maire va donner de l’argent ? » Comme à chaque fois qu’il s’escrime à parler en français, Madalina échange un sourire complice avec son grand frère Ionut. Face à eux, se tient Aline Poupel, une militante infatigable qui a mené le combat en leur nom. Elle préside un collectif de défense des droits des Roms, appelé Romeurope 94. « L’argent, c’est pour votre fille, prévient-elle. Il faudra lui ouvrir un compte à la Poste ». Le père fronce les sourcils. « Comment on fait ça ? »

Les Manea viennent des monts de Buzàu, aux confins de la Transylvanie. La même raison les pousse à quitter leur village pour Bucarest, puis, à émigrer. « Pour nous, il n’y a pas de travail en Roumanie, dit Vasile. Il y en a en France ». Chacun de leur déplacement successif répond à cette nécessité. En 2012, après un long périple, ils débarquent en région parisienne. Ils bivouaquent là où ils peuvent, c’est-à-dire, là où il n’y a rien, dans des bâtiments vides, sur des terrains vagues, dans les moindres interstices de la ville. Entre deux déserts urbains, ils dorment sous un pont ou une porte cochère. À leur arrivée en France, ils ne possèdent pas de caravane, ni même de voiture. Ils ne peuvent pas non plus travailler légalement – ce droit ne sera accordé aux Roms qu’en 2014. Pour subsister, Vasile ramasse de la ferraille qu’il transporte en vélo dans une carriole. Il parcourt cinquante kilomètres par jour avec son deux-roues et sa montagne de déchets. « Pour gagner que dalle, se plaint-il. 20 euros pas plus ». Quand elle ne fait pas la manche, son épouse l’aide à dépiauter les câbles électriques et à démonter des machines à laver. « Elle avait les mains toutes esquintées », se souvient Aline Poupel. « La première fois que je les ai vus, ils étaient à Chevilly-Larue, poursuit-elle. Vous vous souvenez quand vous étiez sous un hangar le long de la Nationale 7 ? » Aubervilliers, la Courneuve, le Blanc-Mesnil… Vasile a perdu le compte des lieux ou plutôt des non-lieux, des espaces indéfinis où il a séjourné avec les siens. « Après, j’ai habité la Bastille », ajoute-t-il, heureux de citer un site chargé d’histoire, sans préciser qu’il est alors à la rue. De chaque endroit, les Manea finissent par être chassés par la police.

En juillet 2014, à la suite d’une nouvelle expulsion, ils échouent à Sucy-en-Brie, une paisible banlieue pavillonnaire. Avec neuf autres familles, ils s’installent sur un lopin en friche, propriété du Réseau ferré de France, en bordure de la ligne du RER. Comme précédemment, ils érigent leur baraque. Quatre murs de bois, une porte, la place pour un matelas, pas davantage. Leur été est bercé par des bruits d’essieux et les aboiements d’un chenil voisin de la police des chemins de fer. De temps en temps, les vigiles s’amusent à les effrayer en laissant traîner leurs molosses près du portail. Début septembre, Aline Poupel rencontre les familles et propose de scolariser leur progéniture. Elle n’a pas de mal à les convaincre. « Je leur dis que les enfants seront en classe, pas dans le bidonville, au milieu des rats. Ils étudieront, auront un repas chaud, se feront des amis. Ça, les parents l’entendent ». Elle repart avec cinq dossiers, celui de Madalina et de quatre garçons âgés de 6 à 10 ans. Avant la rentrée, ils doivent avoir leurs vaccins à jour. Une infirmière s’en occupe deux semaines plus tard.

Le 30 septembre, Aline pousse les portes de la mairie. La personne qui l’accueille lui réclame des justificatifs de domicile. Elle répond que les enfants vivent dans un bidonville, mais peuvent utiliser l’adresse de son association. Quelle que soit leur situation, lui rappelle-t-elle, la commune a le devoir de les scolariser dès lors qu’ils résident sur son territoire. Elle dispose de toutes les pièces requises : passeports, actes de naissance, carnets de vaccination… L’employée va voir sa responsable, revient et, gênée, lui déclare : « Sur ordre du cabinet, aucune inscription de ces enfants n’est acceptée. C’est une décision catégorique du maire ».

Marie-Carole Ciuntu, qui n’a pas répondu à ma demande d’entretien, dirige une ville ancrée à droite depuis des lustres. Avocate, elle connaît la loi. En charge des lycées à la région, elle veille sur l’enseignement. Elle est informée par ses services de la présence d’enfants roms dans le bidonville et vient de signer, une semaine plus tôt, un arrêté d’expulsion. Ses motifs ? « Elle disait qu’il ne fallait pas créer d’appel d’air. “Si on en prend deux, il y en aura dix”, etc. Du grand classique », soupire Philippe Jaloustre qui présidait à l’époque une Fédération de parents d’élèves (FCPE). Ce n’est pas la première fois qu’Aline affronte la maire. « Dès qu’elle a connaissance d’une arrivée de Roms, elle envoie la police municipale pour les faire déguerpir ». En 2010, elle a dû batailler sept mois pour obliger la ville à scolariser deux enfants roms.

La maire de Sucy-en-Brie a été condamnée pour « discrimination ».

Cette fois, elle décide de saisir l’avocat du collectif, Jérôme Karsenti. Par lettre, celui-ci met Marie-Carole Ciuntu en demeure de respecter les multiples textes juridiques, codes, circulaires, conventions internationales, stipulant que « les enfants itinérants ont droit à la même scolarité que les autres », qu’en l’absence de documents, ils bénéficient « d’une admission provisoire », que tout doit être fait pour faciliter leur accès à l’éducation, même pour une courte durée, entre deux départs forcés. Son courrier demeure sans réponse. Un mois et demi plus tard, il saisit la justice au nom des cinq enfants. Commence un long feuilleton judiciaire, rythmé par des relaxes, des appels, des pourvois en cassation. Les autres plaignants retournent en Roumanie ou partent vers des contrées plus clémentes, en Allemagne ou au Canada. Les Manea assistent à chaque procès, malgré leur errance imposée à coup de tampons officiels, de gyrophares et de pelleteuses. Après un campement à Rungis, les voilà à Vitry, dans une ancienne usine. Jusqu’au moment où une porte s’ouvre. En 2016, la famille est acceptée dans un « village d’insertion » à Ris-Orangis. Vasile et son fils apprennent le français et reçoivent une formation. Madalina est enfin admise à l’école. Elle veut aujourd’hui passer son bac. Son frère rénove des bureaux, gare de Lyon. Mais leur père est inquiet. Il ne reçoit plus aucune aide et ne trouve pas de travail. Il ne paye plus le loyer depuis cinq mois. « Ça, c’est un risque », reconnaît Aline. L’expulsion. Elle évite de prononcer le mot et chercher une parade : « Faut remonter un dossier ».

__ Par Christophe Boltanski pour la Chronique d’Amnesty International

40 Paris cedex 19
Téléphone: (+33) 01 53 38 65 65

https://www.amnesty.fr/

Résultat de recherche d'images pour "amnesty international"

Compte-rendu de réunion du collectif lillois du 7/1/2020

Présents : Marie-Pierre Clarisse, Françoise szybowicz, Pierre Vincent, Dimitri Debaisieux, Roseline Tiset, Frédéric Béague, Danièle Mary, Pierre Tourbier, Dominique Planque, Mietek Cholewa, Sylvie Pino, Bertrand Verfaillie, Mireille Labrouche

Excusés : Daniela Oddo, Bernard Vanderbunder, Stéphanie Pryen

Etaient en outre présentes deux stagiaires à l’association William Penn, Chloé Yard et Sara Denos, toutes deux en première année de DUT travailleur social, à Tourcoing plus une jeune femme en service civique pour 8 mois à l’association William Penn, Hana Bouali, actuellement en préformation au CESTS de Lille pour préparer le concours d’éducatrice spécialisée.

L’association W. Penn rappelle qu’elle peut embaucher en service civique pour 8 mois un jeune rom majeur de moins de 25 ans ; contacter Frédéric Béague (fredericbeague@ orange.fr) si l’un de nous a un nom en tête.

Une présentation sommaire de l’histoire du collectif et de ses objectifs leur a été faite par Bertrand, merci à lui.

Tour des bidonvilles existant encore ou de nouveau sur la métropole

  • Deux ou trois familles de la Poterne se sont installées la semaine dernière sur l’ancienne station- service en face de l’esplanade. Pas de réaction de la mairie jusqu’à présent.
  • Le chemin Napoléon ( 40 personnes) et le squatt de la rue des peupliers sont menacés d’expulsion à la fin de la trêve hivernale.
  • Les familles biélorusses de Lesquin qui avaient été prises en charge par la paroisse de Lesquin, sont maintenant hébergées, l’une par l’OFII à Valenciennes, l’autre par les sœurs de Cluny à Faches-Thumesnil, via la Pierre Blanche
  • Aurel Covaci reste seul et sans aucun revenu à Adoma Lesquin, devenu HUDA. Les lettres adressées au Préfet, à la DDCS et à Olivier Jonville sont restées sans réponse à ce jour.
  • Un nouveau sas a été ouvert à Villeneuve d’Ascq , rue de l’Epine, près du terrain des gens du voyage. 7 caravanes, dont une pour les travailleurs sociaux qui se relaieront sur le terrain, pour les familles de la maison hantée et une famille bulgare du recueil.
  • Le sas de Wattignies n’ouvrira qu’ à la mi-janvier pour des problèmes techniques ; Il devrait héberger 30 personnes, non encore désignées.
  • Le terrain des 4 cantons a bénéficié d’un nettoyage minimum et d’une remise en état des points d’eau, Il abrite environ 80 personnes
  • Le sas de Lambersart a été fermé après un an d’existence, et toutes les familles sont maintenant en logement (voir l’article de Mme le Maire dans la voix du Nord du 05/01/20)
  • Le sas des pyramides héberge 4 familles, l’entrée nécessite un sérieux nettoyage,

(problème déjà soulevé avec les travailleurs sociaux au mois de Septembre) ; à coté quatre cabanes qui hébergent environ 20 personnes, beaucoup d’enfants.

  • La Cruppe : deux nouvelles familles ; problème des déchets à résoudre
  • Rue Alfred de Musset : une même famille avec 5 caravanes, six voitures, beaucoup de ferraille
  • Rue Denis Papin, Villeneuve d’Ascq… près des serres bio, deux caravanes, terrain très propre
  • Recueil : caravanes de l’entrée fermées, caravanes du fond quasi inaccessibles en raison de la boue 
  • Sainghin en Mélantois, 4 familles : une vingtaine de personnes dont 10 enfants
  • Chaude Rivière, à peu près 80 personnes, une montagne de déchets… pas de menace d’expulsion
  • La Poterne, beaucoup de monde ( une bonne soixantaine) et de boue ; suivi par Eole pour certains
  • Abords du Pont Royal, trois caravanes, une cabane, 22 personnes ; tous les enfants vont maintenant à l’école. Pas de réponse à la lettre les concernant envoyée au Préfet
  • Bavay : toujours du monde sur les trois terrains
  • Au total, environ 500 roms en bidonville actuellement, ce qui marque un net progrès
  • Pas de vue globale sur les squatts, un nouveau rue de la Campagne..

Le problème des déchets reste majeur dans la plupart des terrains et, même à Sainghin où le défenseur des droits a demandé l’installation de poubelles, rien n’a été fait ( voir P.J.). (1)

Pour l’instant, on réécrit aux municipalités, à la MEL et à la Préfecture pour attirer une nouvelle fois l’attention des autorités sur le risque sanitaire ; sinon on fera intervenir la presse, au risque de conforter le préjugés qui laissent des déchets partout ; il ne faut pas que la campagne électorale s’empare de cet argument !

La mendicité d’adultes accompagnés d’enfants a fait l’objet d’un article dans la presse locale signé Virginie Carton…Dominique va demander une rencontre avec l’auteur de l’article ; il n’y a pas d’arrêté anti-mendicité à Lille mais une police municipale qui fait un peu de zèle sur la grand place au temps des fêtes.

Les discussions antérieures sur la mendicité sont à votre disposition si vous le désirez ; contacter Mireille ou Bertrand

L’expo photo sera inaugurée le 31/01 au lycée Sonia Delaunay de Lomme ; elle sera exposée durant deux semaines puis redeviendra disponible.

Le programme Sibel : sortie par l’insertion du bidonville et accès au logement, opéré par La Sauvegarde du Nord ; réussite pour une famille de Wasquehal mais l’Arep semble plus adapté et les roms sont maintenant bienvenus ( contact Sylvie Pino)

Les municipales. Beaucoup de documents ont été envoyés à Lille, Saint André, etc, d’autres sont en cours d’envoi.

L’inscription des roms sur les listes reste anecdotique et peu d’entre nous ont le temps de se mobiliser sur le sujet : date pivot : 7 février

Site internet : pas d’avancée

La prochaine réunion aura lieu le mardi 11 Février à 18h dans le local de la LDH, 5 rue de St Omer à Lille

(1) Il serait trop long et inutile de publier la réponse datant de juin du Défenseur des droits. En résumé, celui-ci déclare « la procédure achevée » après avoir donné les raisons fallacieuses de son optimisme quant à la solution du problème. A propos du tarif des transports en commun pour les habitants des bidonvilles, l’AhWP avait obtenu le même type de réponses, à plusieurs reprises, du Défenseur des droits : « la MEL m’a dit que le nécessaire sera fait donc tout va bien »…  « vous êtes la seule association a vous plaindre de la nouvelle tarification donc tout va bien »… « aucun usager ne se plaint donc tout va bien » (Sur ce dernier point, je me demande si le Défenseur des droits peut imaginer que les habitants des bidonvilles ne savent généralement pas lire et écrire en français et n’ont ni l’idée ni les compétences pour le saisir)… Frédéric pour l’AhWP

Contre le mal-logement partout en France

Le 29 décembre 2019 à 10h46 /OPINION-Le Parisien Aujourd’hui

Dans une tribune au Parisien-Aujourd’hui en France, Florent Guéguen et Christophe Robert, porte-parole d’un collectif d’associations, interpellent le président Macron sur la hausse du nombre de personnes, et notamment d’enfants, sans abri ou mal-logées.

Florent Guéguen et Christophe Robert, porte-parole du Collectif des Associations Unies pour une nouvelle politique du logement.

« Monsieur le président de la République, à la veille de vos vœux aux Français, le collectif vous demande d’intervenir vite et avec détermination pour enrayer l’augmentation dramatique du nombre de personnes sans domicile ou mal logées, dont de nombreux enfants en famille contraints de vivre à la rue ou dans des abris de fortune.

A Paris, ce sont près de 500 enfants en famille qui appellent chaque jour le 115 sans obtenir d’hébergement. Une multiplication par 4 des appels en trois ans, quand 20 000 enfants vivent déjà dans des conditions très précaires à l’hôtel en Ile-de-France. Une crise humanitaire qui s’étend dans la plupart des grandes villes, comme Lyon, Toulouse, Bordeaux, Marseille, Lille ou Rennes, confrontées à une nette progression du nombre de personnes vivant en squats ou dans des campements indignes.

Face à la crise, les services de l’Etat sont mobilisés au côté des associations pour trouver des solutions, mais la reconduction à l’identique du plan d’hébergement de l’hiver dernier annoncée par le ministre du Logement ne suffira pas à apporter une solution digne à toutes les personnes vulnérables.

Face à une situation indigne de la septième puissance économique mondiale, le Collectif vous demande de vous engager à ce qu’aucun enfant ne soit contraint de vivre à la rue à partir de janvier 2020. Cet objectif, qui doit être élargi à l’ensemble des personnes sans domicile, est atteignable si l’Etat mobilise immédiatement tous les sites disponibles en sa propriété, des collectivités locales ou des entreprises privées pour ouvrir des centres d’accueil adaptés, y compris via la réquisition lorsque cela s’avère nécessaire. Les conseils départementaux, compétents dans la prise en charge des mères seules avec enfant de moins de 3 ans, doivent prendre part à cette mobilisation nationale.

Lutter efficacement contre le sans-abrisme suppose aussi de mettre fin aux discriminations dans l’accès et le maintien dans l’hébergement via la publication d’une circulaire du Premier ministre rappelant aux préfets les obligations d’accueil inconditionnel et continu de toute personne en situation de détresse sociale. L’Etat doit aussi s’engager de manière beaucoup plus volontariste dans la résorption des bidonvilles, squats et campements indignes qui se développent sur le territoire. Trente mille places d’hébergement (dont 10 000 dès 2020) doivent être créées pour les personnes et familles en demande d’asile qui sont aujourd’hui contraintes de vivre dans des abris de fortune faute de places disponibles dans le dispositif qui leur est dédié.

Mais au-delà de ces mesures d’urgence, l’éradication du sans-abrisme passe par une réorientation sociale de la politique du logement qui est aujourd’hui mise à mal par des coupes budgétaires majeures imposées aux locataires les plus modestes et au secteur du logement social.

Nous vous demandons ainsi de renoncer à toutes les mesures d’économies réalisées depuis 2017 sur les APL (baisse de 5 euros, gel en 2017, sous-indexation à 0,3 % en 2018 et 2019…), d’augmenter rapidement les aides de l’Etat dédiées à la construction de logements sociaux et de revenir à une TVA à 5,5 % pour toutes les catégories de logements vraiment sociaux. Pour juguler les expulsions locatives qui sont en constante augmentation, les associations vous demandent également de vous engager à ce qu’aucun ménage ne soit expulsé en 2020 sans solution de relogement, ce qui impose d’augmenter le fonds d’indemnisation des propriétaires qui a fortement baissé ces dernières années. Loger les personnes et familles sans domicile suppose enfin d’atteindre au plus vite les objectifs légaux de 25 % d’attribution de logements sociaux.

Monsieur le président, la détermination que nous attendons de vous pour lutter contre le fléau du mal-logement doit être à la hauteur des souffrances sociales subies par les personnes qui en sont les victimes. »

Lambersart : quel bilan après le départ des dix-sept Roms du sas d’inclusion sociale ?

Il y a un an, évacuant son bidonville du Pont-Royal à Lille, un groupe de dix-sept Roms emménageait sur un terrain provisoire rue Bonte. Une période transitoire d’un an pour leur permettre de s’intégrer socialement. Le contrat échu, ils ont récemment quitté ce sas. La maire dresse le bilan de cette expérience pilote.

Christophe Declercq | 03/01/2020 / LA VOIX DU NORD

Sur le terrain où étaient installés les dix-sept Roms, il ne reste que les sanitaires et les douches.

Une première famille a quitté le sas roms, comme prévu en septembre 2019. Les deux autres ont suivi le mouvement fin novembre. Les dix-sept membres de cette communauté rom ont donc respecté leur engagement (lire ci-dessous), celui de profiter de cette plate-forme provisoire pour rebondir et amorcer leur intégration sociale. « Il n’y a plus de caravanes, constate Christiane Kriegeret ne restent que les bungalows de la Sauvegarde du Nord sur ce terrain appartenant à la Métropole européenne de Lille. »

Avant d’emménager à Lambersart, les dix-sept Roms vivaient dans des conditions déplorables près du Pont-Royal, un bidonville détruit le jour de leur départ.
Début novembre 2018 la communauté rom investissaient les caravanes et les sanitaires mis à disposition.

 La maire de Lambersart dit avoir rempli son contrat, malgré certaines réticences, il y a un an, de riverains ou de parents d’élèves, car une partie des enfants roms étaient scolarisés à Lambersart. « Au début, confie-t-elle, j’ai organisé une réunion publique pour expliquer le projet. C’était l’horreur et il y a eu pas mal de remous, avec parfois des réactions racistes. »

Changement de regard

Mais au final, elle est très satisfaite de cette expérience et la recommande même. « Si chaque commune de la MEL acceptait ainsi un petit groupe pendant un an, propose-t-elle, le problème des Roms serait vite résolu autour de Lille. »

Et de nuancer en expliquant que cette action doit être encadrée, avec un accompagnement sur l’éducation, les règles d’hygiène, l’apprentissage du français ou encore la recherche d’emploi. Sur cet aspect, trois adultes ont d’ailleurs signé un contrat de travail spécifique, avec un volet social. Mais ce qui satisfait le plus l’élue, c’est le changement de regard que portent désormais de jeunes Lambersartois et leurs parents sur cette population trop souvent stigmatisée. « Des élèves, confie-t-elle, étaient tristes de voir partir leurs camarades d’une année. »

Le préfet des Hauts-de-France, Michel Lalande, avait rendu visite cette année au groupe de Lambersart. « Il voulait se faire une idée personnelle du dispositif, témoigne la maire. On a bien été reçus et les familles avaient même préparé des petits gâteaux. »

Contacté à plusieurs reprises, Martin David-Brochen, directeur de l’inclusion sociale à la Sauvegarde du Nord, ne nous a pour l’instant pas répondu.

Un an maximum pour trouver un logement

En novembre 2018, trois familles Roms quittaient leur bidonville du Pont-Royal, entre le Vieux-Lille et Lambersart, et emménageaient rue Auguste-Bonte sur un terrain spécialement aménagé, un « sas » temporaire. L’objectif : pallier la précarité de ces dix-sept personnes pour leur permettre de s’intégrer durablement. Le cadre de ce dispositif inédit : une convention de partenariat signée entre la ville de Lambersart, la métropole européenne de Lille et l’État, avec l’appui de la Sauvegarde du Nord.

Le document était aussi paraphé par les adultes de cette communauté qui s’engageaient par la même occasion à n’occuper les caravanes mises à disposition que pendant un an maximum. Un délai qui devait leur permettre de trouver un logement en dur, voire un travail. Ce qui a été le cas : les trois familles ont trouvé de quoi se loger convenablement dans la métropole lilloise.

Un comité composé d’élus, d’éducateurs et de riverains volontaires, était chargé de suivre l’évolution de cette inclusion sociale.